Et si on mettait des caméras de surveillance dans les écoles?

Et si on mettait des caméras de surveillance dans les écoles?

De plus en plus d’écoles s’équipent aujourd’hui de caméras de surveillance. Pionnier, l’athénée royal de Chênée a fait ce choix voici plus de trois ans. Pour quelles raisons ?

L’athénée royal de Chênée est un établissement important avec 1 200 élèves. Le proviseur de l’époque l’avait décidé suite à des dégradations répétées, tags et autres petites incivilités, notamment dans les corridors. Nous avions aussi constaté, en dehors des horaires de cours, des intrusions dans l’établissement avec, à la clé, des dégâts causés à des distributeurs automatiques. Dans une moindre mesure, il s’agissait de bien faire respecter la circulaire de Marie Arena de ne plus fumer au sein des écoles. Nous avons vu cela comme une aide à la surveillance. Je pense que la propreté attire la propreté et que les dégradations attirent les dégradations.

Qu’avez-vous installé ?

Les années précédentes, des caméras fictives. Et depuis trois ans, une dizaine de (vraies) caméras ont été fixées dans les couloirs de l’établissement.

A quel coût ?

A raison de 1 000€ par caméra, l’installation complète, avec les écrans de contrôle, représente un investissement d’environ 15 000€. Cela est à mettre en rapport avec la nette diminution des dépenses en réparation des dégradations.

Quel a été l’impact de l’installation de ces caméras ?

Plutôt positif. Principalement au niveau de la prévention. Le sentiment de sécurité et le confort de vie ont été améliorés. Tout le monde, en ce compris les parents, est rassuré. Les intrusions en dehors des heures de cours ont disparu. Chaque année, on dépense nettement moins d’argent pour réparer les dégradations et repeindre murs et portes. En trois ans, nous avons dû visionner seulement trois fois des images pour élucider des histoires de vols et de bousculades.

Quelles réactions ont accompagné cette installation ?

Il y a eu un peu de remous, de bonnes discussions constructives et notre attention attirée sur certains points importants. L’association des parents a posé certaines questions lors des conseils de participation. La plupart des réserves portaient sur le droit à l’image et le fait de ne pas être filmé durant les cours. On a donc déplacé certaines caméras – notamment celle qui filmait une cour où des élèves suivaient des cours de gym – pour ne les fixer que dans les couloirs. Pas de caméras dirigées vers l’extérieur de l’établissement. Il était aussi important de savoir qui pouvait visionner les images. C’est le proviseur. Le concierge, lui, a un accès limité à des images de moindre définition qui permettent de savoir si une personne est présente dans les endroits surveillés. Enfin, des stickers avertissent les personnes qu’elles sont filmées sur le lieu-dit. Il faut dire qu’ici, depuis deux ans, plus personne ne parle de ces caméras. A côté, et c’est plus important, nous travaillons aussi ensemble les comportements citoyens.

En France, la CNIL – Commission nationale de l’informatique et des libertés – refuse les caméras de surveillance dans les écoles au motif qu’on ne remplace pas des surveillants humains par des appareils. Votre réponse ?

On ne les remplace pas. Les caméras sont en appoint et en support de leur travail. Les éducateurs ne peuvent pas être partout à chaque moment.

La CNIL trouve aussi contradictoire l’apprentissage aux enfants de la nécessité de protéger leur vie privée face aux nouvelles technologies et le fait de les filmer à l’école…

Toutes les images sont détruites après une semaine voire un mois selon la caméra. A côté, on ne peut pas limiter le rôle de ces caméras à la prise en image d’élèves. Le fait qu’elles existent profite à la prévention et à la sécurité de tous. C’est l’éternel débat : face à une réalité pénalisante, où mettre le curseur entre liberté et sécurité ?

Est-ce une ère nouvelle dans l’enseignement ?

Non, c’est général à la société, on en trouve même dans les hôpitaux. Malheureusement. Ou heureusement pour un niveau de sécurité retrouvé. Il faut écouter tous les arguments. Ces caméras de surveillance ne sont qu’un outil et la finalité dépend de la manière de les utiliser.

 

Source : www.lalibre.be

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