Agression à Dijon : l’efficacité de la vidéosurveillance

Agression à Dijon : l’efficacité de la vidéosurveillance

Quelquefois contestée, la vidéo surveillance installée au cœur des villes se révèle d’une grande efficacité, comme en témoigne cette agression.

Au cours de la nuit du 5 au 6 août 2013, vers trois heures du matin, Brandon Achard et Nicolas Ponnet accompagnés d’un mineur déambulent place François- Rude à Dijon. Quelque peu alcoolisés, ils s’en prennent à un passant, C., lui-même éméché.

L’altercation dégénère, le passant et Nicolas Ponnet en viennent aux mains. Ce dernier n’étant pas le plus fort, il est « secouru » par son copain Brandon Achard, lequel décoche un violent coup de pied, puis un deuxième sur la tête du malheureux C. Celui-ci perd connaissance et reste inanimé au sol, ce qui n’empêche nullement Nicolas Ponnet de lui asséner au visage plusieurs coups de poing avant de prendre la fuite avec ses complices.

Fort heureusement la scène a été filmée via la vidéo surveillance installée sur les lieux. L’opérateur chargé du suivi de ces caméras a tout vu, ce qui lui permet d’alerter les services de police et de secours. La victime est ainsi prise en charge et transportée à l’hôpital où les médecins constateront de nombreuses blessures au visage et au corps. Quant aux agresseurs, ils sont eux aussi rapidement interpellés.

Pour violences aggravées (ITT de 10 jours, en réunion, accompagné d’un mineur) les deux hommes sont jugés en comparution immédiate par le tribunal de Dijon (le troisième qui est mineur répondra de ses actes devant le juge des enfants). En état de récidive légale, Nicolas Ponnet est condamné à une peine de 4 années de prison, et Brandon Achard à 3 années de prison dont 18 mois assortis de sursis.

Après avoir interjeté appel, ces derniers se sont à nouveau retrouvés devant les juges, en l’occurrence ceux de la chambre correctionnelle de la cour d’appel de Dijon. A la barre, les prévenus n’ont absolument pas contesté les faits, mais comment aurait-il pu en être autrement ? En effet, la vidéo de l’agression présentée à l’audience n’a laissé aucun doute quant à leur culpabilité.

Face à la dureté des images, les deux copains ont tour à tour déclaré qu’ils ne se reconnaissaient pas, sauf à expliquer que cette nuit-là, ils avaient bu et ne se souvenaient de rien.

Puis, face à leur victime, ils ont présenté des excuses appuyées. Nicolas Ponnet est allé encore un peu plus loin en exprimant son désir de dédommager C. Mais cela, il ne pouvait le faire de sa cellule d’où sa demande de sortir de prison pour travailler et gagner de l’argent.

Me Wendel représentant les intérêts de la victime n’a pas eu à forcer son talent tant les images de la vidéo suffisaient à démontrer la réalité des faits. Ceci étant, l’avocate a fait remarquer que son client conservait de sérieuses séquelles.

« Face à cette violence, on reste sans voix, et l’alcool n’est pas une excuse », a déclaré l’avocat général avant de réclamer un alourdissement de la peine pour les deux hommes.

Quant à Me Bertro et Me Nicolle, défenseurs respectivement de Brandon Achard et Nicolas Ponnet, ils ont insisté sur l’utilité d’infliger dans cette affaire « une peine utile, juste et proportionnée ». Selon eux, la prison ferme n’était pas une bonne réponse pour ces jeunes gens qui avaient, depuis l’agression, commencé à soigner leur addiction à l’alcool, qui participaient à des groupes de paroles sur la violence, sans compter qu’ils étaient tous deux désireux de dédommager leur victime.

La cour a condamné Brandon Achard à 3 années de prison dont 12 mois assortis de sursis, et Nicolas Ponnet à 5 années de prison.

Les deux hommes ont également l’obligation de se soigner, de travailler quand ils seront libérés, et de réparer les dommages causés.

 

Source : www.bienpublic.com

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